dimanche 28 avril 2013

CONCOURS DE MICRONOUVELLES

Voici les micronouvelles des élèves qui ont décidé de participer au concours de MICRONOUVELLES proposé par le Département de Français.


La ronde suivante
C´était un des matchs de la saison qui nous donnerait une place dans la ronde suivante de la Coupe du Roi.
Notre adversaire était le Séville FC qui avait déjà gagné au tour précédant.
Le stade était comble. La nuit était parfaite pour jouer au football.
Nous ne pouvions pas mieux commencer, dans les premières cinq minutes nous étions en train de gagner et au bout d´une demi-heure nous avions une place en finale avec deux buts marqués.
Mais quand le match était presque fini, deux footballeurs du Séville FC ont été expulsés pour avoir fait jeu déloyal.
Pourtant, nous avions remporté pour nous la victoire.
Allez Atlético de Madrid!!!!!
Auteur: Ana López Núñez, élève de 2ème année du Niveau Élémentaire.

La femme
Et si, par inadvertance, sans réfléchir, sans préparation…
Tout en noir, tous les problèmes, toute la douleur, la solitude
Je me noie dans la tristesse, l'impuissance.
Alors tout est sombre, le mal s'aggrave, ce que je n'avais pas, je l’ai dès lors.
Arrête! Qu'est-ce que c'est? Non, non. J'existe, je vis, je suis.
Seulement moi? Non, mes appendices sont là également ; pour eux, j'ai de la puissance.
Comme Scarlett O’hara: "Pour eux, j'ai pris à témoins que je ne passerai plus jamais.....!".
Voici !, j’y suis allée, la lumière à la fin.
Encore une fois moi, mais meilleure.
Je suis là, dans l'attente de dire les dernières paroles: «Demain, j´y penserai ......".
Pourrai-je? Demain j´y penserai.
Auteur: Bele Bazo, élève de 1ère année du Niveau Intermédiaire.

Le chemin
C´est la Nuit. La Lune brille. Il fait très froid. Louis et Paul marchent sur le chemin de Barbizon. Leurs ombres les poursuivent sous les arbres qui entourent le chemin. Un bruit sonne ; ils grelottent à cause du froid ou … Alors, ils commencent à courir. Ils ont peur ; ils écoutent des pas derrière eux ; Louis tombe par terre, Paul continue à courir, il ne l´attend pas ; Louis crie. Paul arrive au village. Pas Louis.
Auteur: Antonio Mordillo Morales, élève de 1ère année du Niveau Intermédiaire.

Après une nuit éveillés, nous avons enfin atteint la ligne de départ. Lorsque nous avons commencé à courir, les nerfs ont disparu.
Au début, seulement il y avait des faces heureuses parce que nous étions pleins d'énergie.
Trente kilomètres après, les difficultés ont commencé et les premières idées d'abandon sont apparues.
Mais, à ces moments-là nous nous rappelions les entraînements avec le froid, la chaleur, la pluie, le vent et la boue. Alors, nous récupérions des forces là où il n'y en avait plus.
Nous avons tourné au coin de la rue et, au fond, est apparue la ligne d'arrivée. Juste après l'excitation nous a envahis et nous avons pleuré de joie.
Auteur: Gerardo Moro, élève de 1ère année du Niveau Intermédiaire.

Protagoniste de son propre livre
Chaque jour, elle se lève pour écrire une nouvelle page de sa vie. Aujourd’hui, l’éditeur a annoncé qu’il publiera leur livre en mars prochain. Il compilera toutes les interviews exclusives sur leurs amours qu’elle avait vendues à la presse rose.
Auteur: Susana Sanz, élève de 1ère année du Niveau Intermédiaire.


«  Pourquoi pas ! Donnez-moi un conseil. »
Tu le sais déjà.
Tout peut aller se faire foutre, toutes et tous vont se faire foutre.
Normes de coexistence : aucune.  Aucune loi qui limite ta liberté.
Tu ne dois pas continuer à supporter les sots qui se dissimulent derrière ce qui est établi, parce que c´est leur seule manière de survivre, qui profitent du fruit de l'effort des rêveurs, qui ne cessent d'être battus jour et nuit après leurs aspirations.
On est fatigué des médiocres, des insipides, des pauvres de coeurs, des nains mentaux, à qui cette invention de la société du bien-être s'est occupée de faire une cavité donnée et pour laquelle ils n’ont rien combattu.
Si blasé de celles-ci et de ceux-ci qui passent leur vie en regardant celle des autres. Ceux qui, tous les matins, se sont efforcés d´occuper un espace, sans occuper celui de l'autre.
Ça suffit, réveille-toi, vis ta vie, laisse en paix les autres. N’attends pas que les problèmes de ta vie soient résolus par quelqu´un, parce que cela ne sera pas gratuit, et tu leur devras rendre hommage dans tout le temps à venir.
Fais quelque chose par toi-même, pour toi-même, bien que ce soit seulement enrichir ton âme. Cela sera ta liberté.
Fais de ta vie des rires, fais qu'elle soit passionnante, rebelle-toi. Ne considère rien comme du temps perdu, rêve, travaille pour le faire réalité.
Fous-toi de tout. Ne sois pas si connard.
Fais-leur un bras d’honneur !
Et qu'un de ces jours tu puisses dire « C´est toujours ça de gagné !».
Auteur: Alejandro Gamero Rodriguez élève de 2ème année du Niveau Intermédiaire.

La décision
Le matin était gris, plombé. La pluie est apparue tout à coup et elle a rempli l´air d´une odeur de terre mouillée qui lui faisait penser à lui.
Marie a ouvert l´armoire, elle a choisi la robe de soie noire qu´elle avait portée dans le premier rendez-vous, les chaussures à talon aiguille…
Après une douche rapide, elle n´a pas oublié l´ombre à paupières bleue, celle qui fait ressortir la lumière de ses yeux ; non plus le rouge à lèvres de Chanel et des gouttes de parfum.
Elle a parcouru le long couloir de son petit appartement, une fois arrivée au salon, elle a pris le téléphone «Bonjour, je voudrais commander un plat, le numéro quatre, pour une personne
Auteur: Guadalupe Martín Sánchez, élève de  2ème année du Niveau Intermédiaire.

Rêver, travailler, être confiant
Lorsqu´il était un petit enfant, il aidait l´économie familiale en livrant des beignets de maison en maison chaque matin avant d´aller à l´école.
Il rêvait de suivre les pas de son maître  Don Justo.
À dix-sept ans son pays lui mit un fusil dans les mains et il rêvait d´en finir avec la guerre.
Trois ans plus tard, sa patrie lui fit un autre présent: une deuxième guerre dans un territoire étranger et il rêvait de rentrer chez lui.
Il rentra chez lui et il rêvait d´aimer, de se marier et d´avoir des enfants…et son pays lui donna du chômage et de la misère…mais il continua de rever et les rêves se firent réalité.
Auteur: Elena Tijerín Rodriguez, élève de  2ème année du Niveau Intermédiaire.

Dans un monastère, deux disciples brillaient particulièrement pour leur grande intelligence bien qu´ils fussent très différents l´un de l´autre.
Le premier avait l´habitude de demander à l´abbé de lui permettre de sortir du monastère pour voir le monde et pour pouvoir mettre en pratique son apprentissage. L´autre se contentait de la vie monastique et, bien qu´il eût aimé voir le monde, cela ne lui créait pas de problème.
L´abbé, qui n´avait jamais accédé aux demandes du premier moine, pensa un jour que cela pouvait être le moment pour que les jeunes moines fussent mis à une épreuve.
Il les convoqua en leur annonçant que le moment était arrivé de partir dans un voyage par le monde pendant une année. Ils laissèrent le temple le jour suivant. L´année s´écoula rapidement et les deux moines revinrent au monastère avec beaucoup d´expériences pour raconter.
L´abbé voulut les voir pour connaître ce que cette année avait supposé pour ceux-ci et ce qu´ils avaient découvert pendant leur séjour dans le monde laïque.
Le premier moine, celui qui voulait connaître le monde matériel, dit que la société était pleine de distractions et de tentations et qu´il était impossible de méditer là dehors.
Au contraire, l´autre dit que sauf quelques choses sans importance, il ne trouva pas de grandes différences à  l´heure de méditer dans le monde extérieur. C´est pour ça que selon lui, rester dans le temple ou vivre dans une société lui semblait pareil.
Après avoir écouté les deux récits, l´abbé accorda l´autorisation au deuxième moine pour qu´il partît et il dit au premier : «  Il serait mieux que tu restes ici, tu n´es pas encore préparé. »
Auteur: Pilar Vargas Maestre, élève de  2ème année du Niveau Intermédiaire.

Des bruits dans la nuit
Juliette était en train de rentrer chez elle tandis qu’elle écoutait quelques bruits derrière elle. Soudain, un frisson a parcouru tout son corps. L’endroit était tellement obscur et solitaire qu’elle percevait uniquement les ombres de la nuit. Elle était pétrifiée.
Le murmure se rapprochait rapidement d´elle. Inopinément, une main l´a saisie fermement par l’épaule. La peur qu’elle avait éprouvée, était si profonde qu’elle s’est évanouie.
En se réveillant, elle a vu le garçon du restaurant où elle avait dîné, portant son portefeuille qu´elle avait oublié dans l’établissement.
Auteur: Mª del Mar Vellido Rojas, élève de 2ème année du Niveau Intermédiaire.

Poser un lapin à Opéra   
Il n’était pas là. D’abord elle le chercha autour d´elle, puis de plus en plus loin. Chaque silhouette lui donnait l’espoir d´en finir avec cette attente.
Demi-heure avant l’heure du ballet, le guichet ferma. Elle était là encore en pensant : «Il n’a pas dû me voir». Trente minutes après, elle assit sur un banc ses talons aiguilles en se disant que ce serait un miracle s’il apparaissait.
Auteur: Mª del Sol Pérez Cabrera, élève de 1ère  année du Niveau Avancé..

Sept jours en plus                                                   
           4  février, mon anniversaire
Aujourd’hui j’ai 68 ans et un cancer que j’ai décidé de tuer avant qu’il ne ronge mon corps, d’ici à pas plus de six mois. De ma mère je garde trois trésors et la certitude de pouvoir changer ma vie dans n’importe quelle situation. Et lundi prochain ce sera la fin. Je l’ai disposée.
Auteur: Mª del Sol Pérez Cabrera, élève de 1ère  année du Niveau Avancé.

La nuit embrassa tout. Il sentait un air gelé, mais vivifiant. Il n’avait plus cessé de courir pendant… toute une vie. Combien de temps s’était-il passé ? Le vent portait les coups de cloche de l’église : un, deux, trois,…six. Deux heures avant il était entre ses bras. Maintenant il était entre son sang. Pourquoi avait-elle prononcé le nom de l’autre ? Le couteau dégoulinait encore.
- Chéri, c’est déjà l’heure !
Une sueur froide le trempait.
Le miroir le réveilla : sang devant lui.
Auteur: José Delgadoélève de 2ème année du Niveau Avancé.

Ça peut nous arriver à tous
La sonnette les fit sursauter : << Ça peut nous arriver à tous…>> Frédéric leur avait déjà craché cette phrase, la rage au bout des lèvres, lors de leur première rencontre dans la clandestinité. Ces mots secouaient fort Luc dans sa tête le long du couloir jusqu´ à la porte pendant que, sur l´écran, les infos bredouillaient le cauchemar d´un nouveau scandale du Premier Ministre et de ses acolytes. <<Bonjour, M. et Mme. Béranger habitent-ils ici ?>>. <<Oui>>. << Veuillez nous accompagner…>>
Auteur: Carlos Echepare, élève de 2ème année du Niveau Avancé.

L'oubli
Tous les jours l'oubli la réveillait... et elle le détestait.
Elle avait déjà tout oublié lorsque le bruit des voitures, les gazouillements des oiseaux ou les rires des enfants lui annonçaient une nouvelle journée.
Cela faisait longtemps que l'oubli les avait substitués. Quand elle ouvrait les yeux un visage, une odeur, une couleur avaient disparu. L'oubli gagnait toujours les batailles malgré les prières, les sanglots...
Un jour elle oublia le prénom de son petit-fils préféré... alors l'oubli fut aussi oublié.
Auteur: Fernando Galán Sánchezélève de 2ème année du Niveau Avancé.

Crise et solidarité
Pierre attendait, comme tous les jours, l’ouverture de la bibliothèque. Il était au chômage depuis six mois. Ce jour-là la nouvelle occupait la une des journaux: Monsieur Schiller, le principal actionnaire de son entreprise, était gravement malade. Il mourra avant deux semaines s’il ne reçoit pas un autre rein. Pierre se souvenait encore des mots lorsqu’il a été licencié: “Il n’a pas besoin de ton travail, il faut augmenter la productivité”. Malgré tout, il n’a pas douté et il s’est présenté à l’hôpital pour réaliser l’opération vu qu’il est l’unique donneur compatible.
Auteur: Fernando García Sánchez, élève de 2ème année du Niveau Avancé.

LA MICRONOUVELLE GAGNANTE

DES OCCASIONS PERDUES

Assise sur un banc, une femme. À ses côtés, une valise contenant toute sa vie. En face, sur la voie, le dernier train est prêt. Un express qui la portera à un autre lieu, à une autre vie incertaine, néanmoins une vie sans reproches, sans cris, sans peur.
Le départ est imminent. La femme se lève, elle hésite.
Le train démarre. Moi, seule dans mon wagon, je vois s’éloigner, immobile sur le quai, la femme que je fus autrefois.

Auteur: José Miguel Ibáñez Calleja, élève de 1ère  année du Niveau Avancé.


Toutes nos félicitations!

Publié par le Département de Français

mercredi 17 avril 2013

Le Petit Théâtre à l´École de Langues de Mérida



Mille chapeaux !!!
Le Département de Français tient à féliciter Mª Luisa et José Mª et à les remercier pour la qualité du travail qu´ils ont accompli. Notre joie est inépuisable. Cela a été très encourageant l´effort qu´ils ont mené. Cela a été un réel plaisir de les avoir vus interpréter cet extrait du Malade imaginaire et du Bourgeois gentilhomme.
Merci beaucoup.
Carmen Caballero, prof de français de la E.O.I. de Mérida.

samedi 2 février 2013

"Les Émotifs Anonymes"

Une comédie tendre et savoureuse de Jean-Pierre Améris.

Une sacrée bonne comédie française présentée par José Mª Vazquez Martinez, élève du Niveau Avancé, 1ère année!
SYNOPSIS :
Comment vivre et aimer quand on est frappé de timidité maladive?
Pour certains d'entre nous la perspective d'un entretien professionnel ou une simple conversation téléphonique sont des épreuves insurmontables.
Quand Benoît Poelvoorde, patron d'une fabrique de chocolats confie sur un malentendu le poste de commercial à Isabelle Carré, deux grands émotifs viennent de se rencontrer.
L'amour du chocolat les a réunis mais c'est le secret d'Angélique qui va leur donner la force d'affronter leurs fantômes en remettant tous leurs sens en éveil.
Un conte moderne où l'amour triomphe de tout, une bouffée d'espoir pour les émotifs qui attendent leur fée du chocolat.

samedi 17 novembre 2012

EXECUTIVE MASTER FOOD DESIGN

Une formation totalement innovante à la croisée des univers culinaire, de l'art, du design et de la science.

 

L'Executive Food Design propose à tous les étudiants concernés par le domaine culinaire, artistique et le design, d'approfondir et d'élargir leurs connaissances grâce à la réunion des savoir-faire et des expériences de Chefs, Designers, Artistes, Foodstylists, Scientifiques... , au sein de l'Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles / École Supérieure des Arts.

 
L’Aliment, l'Alimentation, l'Alimentaire et tout ce qui s'y rapporte ou en découle est le centre des réflexions, des études et des expérimentations de ce Master. L’Aliment devient ainsi source de recherches, de création et d'expression. Les étudiants en Executive Master.Food Design voyagent dans le monde de l'alimentaire, de l'art et du design afin d'en apprendre les usages, les habitudes, les significations, les codes, le quotidien, les impératifs, les impondérables. Assistés par un corps professoral extrêmement qualifié, ils apprennent à redessiner les limites de ce domaine et à anticiper le futur. Cette formation tout à fait innovante, grâce à l'enseignement de professionnels de haut niveau et à des stages nombreux et diversifiés, permet aux participants d'accéder la suite à des créneaux professionnels en pleine expansion.
Pour en savoir plus, filez sur:
 
Je me demande si c'est une stupidité de la société développée qui nage dans l’opulence ou un jeu pour des personnes qui se sont considérées artistes eux-mêmes ou qui n'ont rien à faire. Ou par contre, vous pensez que ces oeuvres doivent être dans les musées. Feriez-vous ce master?
 
Publié par María del Sol Pérez Cabrera, élève du Niveau Avancé 1ère année.

mercredi 20 juin 2012

SANS FEU NI LIEU

L’auteur
Fred Vargas est considérée la reine du roman policier française. Elle emprunte son nom de plume au personnage d’Ava Gardner dans La comtesse aux pieds nus, un film de Mankiewicz. Née à Paris en 1957, elle devient une éminente archéologue médiéviste avant de commencer une carrière d’écrivain. Vendus dans une quarantaine de pays, les romans de Fred Vargas ont reçu de nombreuses récompenses en France et à l’étranger. D’autres livres de l’auteur sont Debout les morts, L’homme à l’envers et Coule la Seine.

Le livre
L’œuvre a 44 chapitres de différente longueur. L’action du roman se déroule pendant dix ou douze jours à Paris et à Nevers aux mois de juin et juillet.

Les protagonistes
Voici les principaux personnages à Paris :
- Louis Kehlweiler, l’Allemand. Il a collaboré avec la police.
- Ses amis, surtout Marc Van Dosleer, qui sont des historiens et qui vivent ensemble.
- Clément, principal suspect, et Marthe une ancienne madame qui a pris soin de Clément lorsque celui-ci était petit.
- Loisel, un commissaire.
Et à Nevers :
- Paul Merlin, directeur d’un Institut où une femme a été violée il y a dix ans, et son beau-père Clairmont.
- Thevenin, le sécateur, un jardinier de l’Institut.
- Pouchet, un autre commissaire.

L’histoire
Deux femmes ont été tuées à Paris. Coupable: l’assassin des ciseaux, c´est ainsi qu´on appelle le meurtrier. Clément c’est un jeune homme avec un retard qui joue de l’accordéon dans les restaurants. Il est le principal suspect. Effrayé, Clément cherche et demande de l’aide à Marthe, aujourd’hui bouquiniste et auparavant prostituée, qui était la personne qui avait pris soin de Clément quand il était petit. Marthe connaît Louis et lui raconte toute l’histoire. Celui-ci, collaborateur de la police, les aidera.
Louis commence alors son enquête qui le mènera de Paris à Nevers (où une femme a été tuée il y a dix ans de la même façon et une autre a été violée et aussi tuée) et de Nevers à Paris. Il parlera avec des témoins de cette époque et d’aujourd’hui. Il suivra diverses pistes, par exemple un poème de Nerval et des traces qui apparaissent à côté des victimes.
Pour son enquête il comptera sur l’aide de ses amis historiens, principalement de Marc, qui cacheront Clément chez eux. Tous les deux, Louis et Marc, résoudront le mystère.

Le style
Dans l’œuvre il y a beaucoup de descriptions de personnages, surtout la psychologie des protagonistes c´est ce qui importe l’auteur. Il n’y a pas de nombreuses descriptions de lieux. Elle utilise un langage cultivé (par exemple lorsque parlent les historiens) mais aussi un langage familier ou vulgaire, (lorsque parlent les prostituées et les ouvriers). Fred Vargas utilise presque toujours le passé simple. Aussi, elle emploie le pronom « y » fréquemment.
Grâce à ce que le rythme et l’action sont rapides et au fait que l’intrigue est très intéressante, la lecture du roman est facile et plaisante.
Publié par Fernando Galán Sánchez, élève de la 1ère année du Niveau Avancé.

vendredi 8 juin 2012

LES ALLUMETTES SUÉDOISES (de ROBERT SABATIER)

Les allumettes suédoises est un roman de Robert Sabatier paru en 1969. Ce fut un immense succès de librairie.
Olivier est un jeune garçon d’une dizaine d’année, vivant dans le Paris du début des années trente… Cette histoire commence malheureusement par un événement tragique, la mort de Virginie Châteauneuf, la mère d’Olivier et la belle mercière du quartier, laissant Olivier, gamin de bientôt 10 ans, orphelin, le père étant mort depuis longtemps. Ça fait de lui un petit homme démuni face au monde.
En attendant qu’il soit placé chez un oncle, il vit pendant quelques mois chez son cousin, récemment marié qui occupe un deux-pièces dans le quartier, son quartier, celui de Montmartre, à Paris.
Il n’a qu’une crainte: quitter ce qui fait son royaume, ce quartier de Montmartre où il est né et a commencé à grandir.
Mais malgré sa tristesse, Olivier aime son quartier, ses habitants et comme il ne va plus à l’école, le temps de décider de son avenir, il s’invente une nouvelle vie et de nouveaux camarades… C’est un “gosse des rues”. C’est ainsi qu’il va faire de nouvelles connaissances, avec des personnages hors du commun, des figures chaleureuses et pittoresques, telles que:
- Bougras, un vieil et débrouillard anarchiste solitaire de 74 ans, qui l’emmènera partout et qui l’embauche pour de petits boulots.
- Lucien le bègue, un sans-filiste (radiotélégraphiste) dont la femme , atteinte de tuberculose , va bientôt mourir, qui partage son temps entre sa femme et ses postes de T.S.F.( radio).
- Daniel, un infirme connu sous le nom de l’Araignée, qui lui donnera le goût de la lecture et dont il va comprendre l’absolue misère.
- Albertine Fague, la concierge obèse.
- Mado, qu’on surnomme “La Princesse”, une belle femme dont certains disent qu’elle fait la vie. Le garçon, qui en est amoureux, est initiée par elle aux manières délicates.
- Mac, qui use de la force pour établir sa célébrité de mauvais garçon, apprend à Olivier à se bagarrer, il donne à Olivier des cours de boxe.
- Et ses anciens camarades de classe: Loulou, Toudjourian et Capdeverre.
- Et bien sûr, il y a Virginie, la mère décédée trop tôt mais qui occupe encore toutes les pensées d’Olivier.
C’est dans ce quartier des années 30, plus précisément dans la rue Labat, près de l’avenue Bachelet, qu’Olivier évoluera pendant quelques mois.
Malgré des moments de solitude, des crises d’angoisse qui le ramènent à la dure réalité de sa situation, Olivier rêve de rester avec ses cousins, de rester dans son quartier, de retourner à l’école. Il sait cependant que cela ne restera pas ainsi éternellement; il sait que tout va se chambouler quand arriveront les vacances et tous les départs…
Un roman qui nous décrit avec passion les quartiers de Paris dans les années trente, qui nous donne envie d’y vivre et qui nous surprend lorsqu’on connaît un peu le Paris d’aujourd’hui. De très belles descriptions, des personnages attachants, une vie simple mais tellement belle….
Sous la plume de Robert Sabatier, c’est son enfance qui remonte, avec des noms encore connus, comme les tartines de phoscao (chocolat en poudre pour petits déjeneurs) ou de saindoux saupoudré de sel, la piscine avec le cousin Jean, le cinéma d’avant guerre où l’on pouvait voir un documentaire, les actualités, les réclames, le film parfois à épisodes.
C’est la rue populeuse et sympathique d’avant guerre, au printemps et au début de l’été. C’est la T.S.F. que tout le monde vient écouter en venant s’installer devant chez la concierge, cette rue bourdonnante de vie le soir après le travail.
Ce sont aussi les angoisses des mises à pied, les files de chômeurs s’allongeant sur certains trottoirs, dans l’attente d’un petit boulot pouvant payer la journée ou 2 ou 3 à venir. Une crise avant la grande crise que vit Olivier sans bien la comprendre.
C’est le Montmartre ancien, la rue était un théâtre, il s’y passait toujours quelque chose. Le livre montre les manières de vivre en 1930: l’absence de racisme dans cette population faite de Bretons, d’Auvergnats, d’émigrés d’Europe centrale et d’Afrique du Nord, de Belges, de Juifs…; la télévision n’existe pas, ils écoutent la TSF, on utilise un langage particulier, l’éclairage est au gaz, la baguette de pain constitue un luxe, les écoliers portent des tabliers, on écrit à la plume,…; l’auteur cite les noms des artistes et des chansons de l’époque….
À la fin du roman, Olivier quitte sa chère rue, les larmes aux yeux, pour partir chez sa tante et son oncle (qui a accepté de devenir son tuteur, car le statut de la femme à l’époque ne permet pas à la vraie tante d’être tutrice).
Un livre très touchant, très beau…et triste aussi…
Robert Sabatier est né à Paris en 1923. Orphelin comme son héros, il sera placé sous la tutelle de son oncle typographe. Il pratique plusieurs métiers avant de devenir journaliste pour différentes publications. Il a publié de nombreux romans et recueils de poèmes. Après Les allumettes suédoises, il a écrit une suite à l’histoire d’Olivier qui compte six volumes.
Il dit que ce roman représente un petit accident dans sa vie littéraire. C’était en 1968 et il était à New-York. En se promenant, il a vu des gosses qui pataugeaient dans l’eau et, tout d’un coup, des images de son enfance ont surgi. Il est immédiatement remonté dans sa chambre d’hôtel et il a commencé à écrire. Il n’a pas eu besoin de faire appel à la moindre documentation. C’est un roman traditionnel et sans prétention, écrit avec le coeur.
L’éditeur a trouvé tout cela charmant et délicieux, et sans trop y croire, il l’a publié avec un petit tirage, et après il a été un succès.
L’histoire a été portée à l’écran en 1995. C’est une trilogie télévisée composée des épisodes David et Olivier, Trois Sucettes à la menthe et Les Noisettes sauvages, sous le titre générique des Allumettes suédoises (Robert Sabatier reconnut tous ses personnages derrière leurs interprètes).

Publié par Mamen Pove Álvarez, élève du Niveau Avancé 1ère année.

dimanche 3 juin 2012

"La bicyclette bleue" (1981)

Je vais parler du livre que j’ai lu, intitulé « La bicyclette bleue ». C’est un roman que Régine Deforges a écrit en 1981.
Régine Deforges est une écrivaine française qui a aussi sa propre maison d’édition appelée L’or du temps. Elle est née en 1935 à Montmorillon, en France. Elle s’inspire de son lieu de naissance pour les histoires qu’elle écrit. Pour son oeuvre « La bicyclette bleue » elle a été accusée de plagiat. Mais je parlerai de ça plus tard.
La bicyclette bleue est située dans la période de la 2ème Guerre Mondiale, pendant l’occupation nazie de la France. J’ai lu seulement un livre, mais en réalité c´est une trilogie. Les titres sont :
- La bicyclette bleue qui commence en 1939;
- 101, avenue Henri-Martin qui se déroule pendant 1942;
- Le diable en rit encore dont l´action se situe en 1944.
Une fois achevée la lecture du livre, je me suis rendu compte que l´histoire était incomplète. Je pense que c’est nécessaire de lire les trois livres vu que le premier laisse plusieurs portes ouvertes. Maintenant je devrais lire toute la trilogie, ou même toute la saga.
La saga se complète avec 7 autres livres où les personnages sont les mêmes mais ils sont déjà partis de la France. Ils voyagent en Argentine, à Cuba, ou au Vietnam.
En 2000, le réalisateur Thierry Binisti a fait un film. Il est composé de 3 épisodes. Regardez le début du 3ème épisode :
J’ai eu l´occasion de voir le film au complet sans sous-titres et je n´ai pas eu de problèmes pour le comprendre.
Je vais utiliser les acteurs de ce film pour parler des personnages du livre.
La protagoniste est Léa Delmas, une jeune fille de 17-18 ans. Elle est très belle, la plus belle de la région. Tous les garçons sont pour elle. Elle est égoïste, coquette et capricieuse. Elle aime la vie, aime son père et Montillac. Montillac est la propriété de sa famille. Ils vivent dans un grand manoir à la campagne qui est entouré d’un grand vignoble. Montillac est une grande cave où se fait du vin.
Léa est amoureuse de son ami Laurent d’Argilat. Un voisin qui aime lire et qui n’aime pas la guerre. Cependant, Laurent aime sa patrie et il ira à la guerre pour la défendre. Avec honneur.
Le livre commence avec une fête où Laurent annonce qu’il se va marier avec Camille, sa cousine. Camille est une bonne jeune, généreuse et tranquille. Léa pense qu’elle est ennuyeuse. Elle ne la supporte pas. Ce jour Léa est étonnée parce qu’elle est sûre qu’elle aime Laurent et que Laurent l’aime aussi. C’est pour ça qu’elle lui avoue son amour. Laurent lui dit qu’il l’aime mais qu’il va se marier avec Camille, qui est une bonne femme. À ce momment apparaît François Tavernier, un ami de Laurent. Léa et François se connaîtront et Léa pensera qu’il est insupportable.
La guerre éclate et Laurent doit partir au front de la bataille. Le mariage de Laurent et Camille se célèbre et Léa se fiançaille avec le frère de Camille pour rendre jaloux Laurent. Les hommes partent pour se battre et le frère de Camille tombe, tué. Léa doit garder le deuil : elle devra porter des vêtements noirs.
Pierre Delmas, le père de Léa, part à Paris pour faire des affaires et Léa décide d’y aller avec lui parce que Laurent a un permis. Il vit avec Camille à Paris. Et Léa restera chez ses tantes.
Pendant quelques semaines, elle mène sa vie à Paris. Elle sort avec Camille, elle peut voir Laurent et elle a plusieurs rencontres avec François Tavernier. François est amoureux de Léa, il aime sa liberté, sa manière de vivre. François sait qu’elle aime Laurent et il lui en parle avec ironie. Il lui dit qu’elle tombera amoureuse de lui à la fin.
Léa ne supporte plus de s’habiller en noir et la vie triste.
Un jour, Laurent doit partir à la bataille une autre fois et il demande à Léa de prendre soin de Camille vu qu’elle est enceinte et très délicate. Léa est furieuse mais comme elle l’aime, elle acceptera.
Léa reste à Paris seule avec Camille. Le jour où les Allemands vont arriver à Paris est prochain. C´est alors que François obtient une voiture pour Léa. Léa avec Camille et la fille qui aide Camille, doivent quitter Paris pour aller à Montillac. Camille est enceinte et très malade. Le voyage est dangereux. Ils voient beaucoup de morts sur la route, et elles souffrent des bombardements aériens.
La bicyclette bleue sera le véhicule que Léa utilisera pour emporter le courrier pour la résistance française.
Comme je l´ai déjà dit, Régine Deforges a été accusée de plagiat. Pour moi c’est vrai que le livre est pareil à « Autant en emporte le vent ». Elle a été 4 ans en litige mais finalement elle a été innocentée de ces accusations.
A mon avis, les premières 100 pages sont comme celles de « Autant en emporte le vent ». Au lieu de la guerre américaine c´est la guerre en France.
Pour finir, je dois dire qu’il y a beaucoup de différences entre le film et le livre. Quoique le film raconte l’histoire des 3 livres, le film est un résumé de ces livres.

Publié par Laur Solís, Vázquez, élève de la 1ère année du Niveau Avancé.

samedi 26 mai 2012

LA PETITE MARCHANDE DE PROSE (Daniel Pennac)

En premier lieu et dans l’intention de vous introduire ce livre parmi vos lectures, je vais vous parler un peu sur l’auteur: Daniel Pennac.
Il est un écrivain français d’origine marocaine élevé en Afrique et en Asie du Sud. Il est important que vous connaissiez son origine afin de comprendre quelques particularités des personnages du livre ainsi que l’ambiance vu que le roman se déroule dans un quartier multiethnique, avec des personnages de toutes les nationalités et des personnalités différentes et extravagantes: un chien épileptique qui est comme un autre membre de la famille Malaussène, une chef que le protagoniste appelle “la reine Zabo”, une de ses soeurs qui est très jeune et va se marier avec un homme 40 ans plus vieux qu’elle, les amis de la famille qui sont la plupart d’origine étrangère et dont les histoires sont aussi bizarres ou, au moins, différentes aux histoires des vies de la foule en général….
Le livre dont je suis en train de parler, fait partie d´une série de romans dont les protagonistes sont les membres de la famille Malaussène. Tous ces livres sont des polars, plus que des romans.
Je ne vais presque rien vous raconter sur l´histoire du livre vu que vous-mêmes vous pouvez le lire, par contre je vous lancerai faiblement de petites références sur cet ouvrage et les difficultés que j’ai eues en le lisant.
Au début, la prose porte sur la vie laborale et familiale du protagoniste (Benjamin Malaussène).
Réellement l’histoire commence par un incident de travail qui fait démissionner Malaussène de son poste. À ce moment - le moment de l’incident -  il se souvient d´une phrase qui se répètera tout au long du livre “la mort est un processus rectiligne”.
La lecture, en général, est amusante vu que la prose est remplie de surprises. Un événement totalement étonnant casse le rythme de l´histoire. Il y a un assassinat totalement inattendu dans un des premiers chapitres et puis une tentative d’assassinat et finalement il se passe plusieurs assassinats. À ce moment où l´on commence l’investigation, on découvre qu’il s’agit d´un polar. En effet, toute la série Malaussène s´englobe dans la catégorie des polars.
Je trouve un des moments plus difficiles à lire celui où le protagoniste lui-même est entré dans le coma, du fait que, au début, je ne savais pas vraiment s´il était mort ou dans le coma. À partir de ce moment, il reste en luttant sur scène entre la vie et la mort, et se souvient de la phrase “la mort est un processus rectiligne”…
D´autres difficultés que j´ai eues en lisant, ont été le langage très familier, les métaphores que l’auteur utilise fréquemment et l’imagination du protagoniste, qui plusieurs fois exprime ses pensées mélangées entre les conversations réelles.
Mon opinion personnelle du livre est que, finalement, le livre est amusant et l’histoire bien construite. Les personnages en général, l’ambiance et les réflexions de Benjamin Malaussène décrochent une oeuvre rigolote.
Le style littéraire est génial et différent à d´autres, mais d’après moi l’auteur a trouvé une formule grâce à laquelle il a réussi: une série où dans chaque livre il mélange le style, les personnages particuliers, le mystère et les réflexions intelligentes et rigolotes du personnage.
Pour finir, je vous prie de lire ce livre, ou n´importe quel autre livre du sage Malaussène ou de Daniel Pennac, ou comme l´auteur nous dirait: je vous prie de lire ce que vous souhaitiez le plus.

Publié par Marisa García Soria, élève du Niveau Intermédiaire, 2e année.

vendredi 18 mai 2012

”Stupeur et tremblements” d´ Amélie Nothomb

“Monsieur Haneda était le supérieur de monsieur Omochi, qui était le supérieur de monsieur Saito, qui était le supérieur de mademoiselle Mori, qui était ma supérieure. Et moi, je n’étais la supérieure de personne. On pourrait dire les choses autrement. J’étais aux ordres de mademoiselle Mori, qui était aux ordres de monsieur Saito, et ainsi de suite, avec cette précision que les ordres pouvaient, en aval, sauter les échelons hiérarchiques. Donc, dans la compagnie Yumimoto, j’étais aux ordres de tout le monde.”
Ce premier paragraphe de Stupeur et tremblements, troisième roman autobiographique d’Amélie Nothomb, établit le ton du roman et présente au lecteur la structure hiérarchique de la compagnie Yumimoto, ainsi que la place du narrateur dans cette hiérarchie. Après avoir fini ses études en Europe, l’écrivaine belge de langue française retourne dans son pays de naissance pour travailler comme interprète. Grâce à sa connaissance de la langue japonaise, qu’elle maîtrise pour y avoir vécu jusqu’à l’âge de cinq ans, elle obtient un contrat d’un an dans une prestigieuse firme japonaise, la compagnie Yumimoto.
Cependant, sa vision idéalisée du pays s’avère loin de la réalité et elle est confrontée tout de suite à la hiérarchie rigide de l’entreprise, ainsi qu’à l’autorité oppressive et souvent misogyne de ses supérieurs. En fin de compte, au lieu de monter les échelons de la compagnie, elle les descend rapidement et finit par travailler pas comme traductrice, mais plutôt comme dame pipi dans les toilettes de l’entreprise Yumimoto.
Dès une première lecture, Stupeur et tremblements est à la fois l’histoire prévisible de l’étranger qui ne réussit pas à s’intégrer dans une société dont les normes sociales et culturelles sont très différentes de la sienne et celle de la quête identitaire du narrateur.
Toutefois, à un autre niveau, le roman peut se lire comme une satire de cette société et plus particulièrement du monde du travail japonais, qui vise les hiérarchies sociales et les rapports inégaux de pouvoir qui résultent.
Finalement, son style comique et plein d’esprit lui permet d’éviter l’autodénigrement, ainsi que la sympathie du lecteur.
Dans Stupeur et tremblements, Nothomb prend son expérience personnelle vécue dans la firme japonaise comme point de départ.
Sa critique est basée sur les réalités de l’entreprise japonaise, traditionellement fondée sur le modèle paternaliste et qui exige un fort respect de la hiérarchie, de même qu’une loyauté envers les supérieurs. Les employés commencent toujours au bas de l’échelle et l’individu se définit par l’entreprise, alors qu’à l’Occident c’est l’individu qui compte. Ce modèle sert de cadre à la satire de Nothomb.
La compagnie se transforme également en « lieu de torture », donnant au lecteur une image hyperbolique des abus qui y ont lieu. Quant aux personnages, ils sont tous présentés sous forme de caricature: Son responsable, monsieur Saito, est « un homme d’une cinquantaine d’années, petit, maigre et laid » et monsieur Omochi, le supérieur de monsieur Saito, est « un obèse colérique», « énorme et effrayant, ce qui prouvait qu’il était le vice-président ». Finalement, sa supérieure directe, et le seul personnage féminin dans le roman à part Amélie elle-même, semble incarner l’image parfaite de la beauté japonaise, beauté qu’Amélie idéalise et qu’évidemment elle n’atteindra jamais à cause de ses origines européennes : Fubuki est « plus grande qu’un homme », « svelte et gracieuse à ravir, malgré la raideur nippone à laquelle elle devait sacrifier » et a « le plus beau nez du monde, le nez japonais, ce nez inimitable, aux narines délicates et reconnaissables entre mille ».
Chez Nothomb, l’ironie, de même que le sarcasme et l’esprit, lui permet de s’affirmer malgré les situations oppressives et contraignantes dans lesquelles elle se trouve, ainsi que de renverser les rapports de pouvoir entre les personnages. L’ironie ressort notamment quand elle décrit ses postes de travail. Au cours du roman, plusieurs tâches, toutes humiliantes au point où elles sont comiques, lui sont accordées: photocopieuse, serveuse de thé et de café, distributrice de courrier, tourneuse de calendriers, et ainsi de suite. Finalement, elle est bannie aux toilettes où elle doit finir son contrat comme dame pipi, responsable du remplacement des rouleaux de tissu et du renouvellement des fournitures de papier-toilette au sein des cabinets. Le lecteur est donc témoin de la « foudroyante chute sociale » du narrateur, de sa descente des échelons de la compagnie – d’interprète jusqu’à « nettoyeuse de chiottes ».
Or, malgré la réalité de la situation, sa façon de la décrire est toujours pleine d’esprit et souvent ironique.
Donc les tâches qui lui sont assignées servent uniquement à l’humilier et à renforcer sa position au bas de l’échelle hiérarchique de la compagnie Yumimoto. Pourtant, l’ironie et le sarcasme du narrateur ont pour effet de ridiculiser la situation, ainsi que l’autorité de ses supérieurs. De plus, au lieu d’accepter la position de victime ou de cible de l’humour, elle y participe avec ses collègues.
Une deuxième cible de la satire de Nothomb est celle de la Japonaise et plus particulièrement la place des femmes dans l’entreprise et dans la société japonaise. Fubuki est la seule femme dans le roman, à part Amélie elle-même. Le rapport entre les deux femmes est particulier: d’une part, Amélie l’admire au point où elle la met sur un piédestal, d’autre part elle la hait « au point de souhaiter sa mort » et elle l’appelle régulièrement « son tortionnaire ». Mais ce qui relie les deux femmes sont les assauts verbaux auxquels toutes les deux sont sujettes de la part de leurs supérieurs masculins.
Amélie (et Fubuki) se trouve dans une position de subordonnée par rapport à ses supérieurs masculins. Mais, à travers la satire, elle remet en cause le pouvoir et l’autorité de ces derniers et critique ainsi la place des femmes et les abus de pouvoir dans des établissements dominés par les hommes et notamment dans l’entreprise.
Tout d’abord, elle décrit les rapports homme-femme en termes de violence physique et sexuelle en employant les métaphores du viol et du meurtre.
En comparant les assauts verbaux à l’abus physique et sexuel, l’auteur est en train de juger le traitement des femmes, ainsi que les rapports inégaux de pouvoir, au sein de l’entreprise. De plus, en réduisant la femme à « victime » et à « enfant », elle critique aussi la violence faite aux femmes et surtout le discours qui l’entoure.
Les malentendus fréquents entre la narratrice et ses supérieurs font ressortir des stéréotypes et des clichés culturels. Toutes ses initiatives sont incomprises et sujettes continuellement à des reprobations de ses supérieurs. Elle est accusée à plusieurs reprises d’être une individualiste, ce qui est vu comme un trait occidental: « Vous vous conduisez aussi bassement que les autres Occidentaux: vous placez votre vanité personnelle plus haut que les intérêts de la compagnie » et on lui demande souvent si tous les Belges sont aussi peu intelligents qu’elle.
Les préjugés sont ainsi fondés uniquement sur son apparence (européenne) et non pas sur sa nationalité ou sa culture d’origine. En fait, elle dit au début du roman qu’elle se sent plus originaire du Japon que de la Belgique.
Le dernier composant de la satire qu’on voit chez Nothomb est celui du carnavalesque, soit un renversement temporaire des hiérarchies et des valeurs.
Dans Stupeur et tremblements, puisque le récit est autobiographique, c’est l’auteure qui se donne la parole. En prenant la parole, elle renverse les rapports de pouvoir et, devenant supérieure à ses supérieurs, dénonce la corruption de ces derniers.
Une scène en particulier témoigne de ce renversement. Avec le temps, Amélie devient de plus en plus excentrique et à un moment donné elle commence à passer ses nuits à l’entreprise. Une nuit en particulier, elle vit un changement, un renversement, et elle devient (figurativement) Dieu pour la nuit. Toute seule au bureau, elle enlève ses vêtements, saute de bureau en bureau, crie de joie et se retrouve finalement assise à la place de Fubuki, sa supérieure directe: « Fubuki, je suis Dieu. Même si tu ne crois pas en moi, je suis Dieu. Tu commandes, ce qui n’est pas grand-chose. Moi, je règne. » Ici, on voit une inversion totale des rapports de pouvoir entre les deux femmes (le dominé devient dominant; l’inférieur devient supérieur).
En guise de conclusion, ce roman autobiographique montre les nombreuses couches que peuvent avoir des textes satiriques et ironiques. Ce qui, au premier regard, pourrait ressembler à un recit humoristique des malentendus culturels dans une entreprise japonaise est également une critique importante des hiérarchies sociales et des rapports inégaux de pouvoir qui existent non seulement dans le monde de travail japonais, mais dans la plupart des institutions du monde. La satire permet à l’auteure non seulement de critiquer et ensuite de corriger certaines vices et inepties du comportement humain, soit les rapports inégaux de pouvoir, la condition des femmes et les préjugés culturels, mais également de s’affirmer face aux pouvoirs dominants et de prendre le contrôle d’une situation dans laquelle elle se trouvait totalement impuissante.

Publié par Fernando García Sánchez, élève de 1ère année du Niveau Avancé.

dimanche 6 mai 2012

Excursion à Monfragüe

Le matin avait mal commencé, il pleuvait, les participants ne semblaient pas très contents avec un jour pluvieux pour marcher et pour jouir du paysage et des animaux. Curieusement, au moment où nous sommes arrivés au Parc National de Monfragüe, la pluie s'est arrêtée comme un miracle.
Peu à peu, pendant que nous marchions, les nuages ont laissé sortir quelques rayons timides de soleil. À midi, il faisait chaud.
Grâce à notre guide « volontaire » nous avons pu apprécier, observer et évaluer, non seulement la beauté et la variété d'oiseaux, sinon aussi la variété de la végétation du parc.
C'était un jour parfait de la cohabitation, dans lequel tous ont partagé et joui de cette activité extrascolaire, où la convivialité a été la reine.
Merci à tous et spécialement aux professeurs sans lesquels cette journée aurait été impossible.

Conchi Gallardo

Voici quelques photos prises lors de cette excursion:

Publié par Conchi Gallardo, élève de la 1ère année du Niveau Avancé.